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 There's nowhere else I'd rather be. [R.]

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Lorcan Blumenfeld
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MessageSujet: There's nowhere else I'd rather be. [R.]   Sam 18 Aoû - 0:55

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« Je peux savoir pourquoi tu n'es pas parti travailler, Monsieur l'Architecte ? »
« Tu m'espionnes maintenant ? »
« Absolument pas. »
Long silence.
« Tu es toujours là ? »
« Hélas. »
« Quel pessimisme. »
« Au revoir Khanas Otna. »
« J'arrive ! »
« Je te demande pardon ? »
« Mon frigo est vide, je peux venir ? »
« Ce n'est pas vraiment le moment là... »
« Génial, à tout de suite alors. »
« Tu plaisantes, j'espère ? » Mais de toute évidence, elle ne plaisantait pas. L'alien, Cassie de son prénom humain, s'était même permis de lui raccrocher au nez.

Cela devait faire une bonne demi-heure à présent – voire plus – que Lorcan écoutait les paroles sans grand intérêt que déblatérait Cassie. A son plus grand étonnement, il faisait à ce moment précis preuve d'une grande patience envers elle et d'un calme qui ne lui ressemblait pas, du moins quand elle se tenait dans la même pièce que lui. Elle qui constamment s'amusait à critiquer ses choix quotidiens en plus de l'attention trop grande qu'il portait à l'espèce humaine, aujourd'hui elle se croyait très certainement maligne en adoptant un comportement typiquement humain. Le principe du « moi je, moi je » l'exaspérait au plus haut point, surtout quand son interlocutrice arborait les traits de cette fausse brune pourtant charmante en apparence. La haine était un sentiment qu'il se refusait catégoriquement à ressentir mais curieusement elle finissait toujours par s'insinuer en lui de manière presque vicieuse chaque fois qu'elle était dans les parages. Quelque chose s'était définitivement brisé entre ces deux là. La confiance qu'il lui accordait autrefois avait laissé place à une méfiance limite malsaine. L'affection qu'il éprouvait jadis pour elle avait tout simplement déserté les lieux depuis cette dispute peu commune qu'ils avaient eue lorsqu'il était revenu de sa longue expédition sur Terre. Bien qu'étant un être non doté de rancœur, il ne parvenait vraisemblablement pas à lui pardonner ses paroles malheureuses. Il avait beau tourner et retourner le problème une bonne centaine de fois dans son esprit, la même conclusion se présentait à lui : la jeunesse n'excusait pas tout. Enfoncé dans le fond de son canapé, les bras croisés contre son torse et le regard lointain, il se répétait inlassablement cette même phrase qu'elle lui avait exposée. « Est-ce que c’est ce dont tu te persuades aussi à chaque fois que tu penses à Eeya Limmen ? Ou bien l’as-tu déjà rayée de ta mémoire pour laisser plus de place à tes humains ? » Il poussa un léger soupir inconscient, ce qui dut éveiller les soupçons de la jeune femme qui se redressa vivement sur les genoux, les paumes dirigées vers le plafond et le regard plein d'incompréhension.
 « Tu m'écoutes ? » Rouspéta-t-elle en se rapprochant progressivement de lui jusqu'à venir coller son épaule contre la sienne. « Oui, je t'écoute. » Répondit-il machinalement comme s'il s'adressait à une enfant. « Et qu'est-ce que je viens de dire ? » L'interrogea-t-elle, les yeux plissés en une expression faussement inquisitrice. « Tu parlais de l'adjoint au maire. » Elle entrouvrit la bouche pour rétorquer quelque chose mais aucun mot ne s'échappa d'entre ses lèvres qu'elle referma aussitôt avant de hausser les épaules. « Si ma présence te dérange, il faut le dire. » Rétorqua-t-elle, d'un air qui se voulait vexé. Elle glissa doucement quelques doigts dans les cheveux ondulés de son ami, examinant avec attention l'enveloppe corporelle qu'il avait adopté en arrivant ici. Sans aucun doute possible, le regard humide et brillant était toujours le même, elle le reconnaissait bien là. Mais tout le reste n'était que difformité dissimulée sous une couche de laideur. Non, elle ne comprenait décidément pas comment il pouvait à ce point apprécier cette couleur de peau humaine et cette chair flasque qui l'avait tant rebutée dans un premier temps. Quant à éprouver du désir pour cette coquille vivante, ce n'était même pas envisageable ; il fallait vraiment se forcer ou bien être aveugle, au choix.

A en juger par la réaction qu'eut le propriétaire des lieux, son geste n'avait pas été accueilli avec le plus grand des plaisirs. Un simple regard sombre de sa part lui suffit à retirer sa main et sa question rhétorique dans un second temps. Il se remit alors debout et commença à s'éloigner vers la cuisine ouverte.
 « Tu avais faim, si j'ai bien compris... » Et je suis obligé de te nourrir bien que tu ne sois pas mon oisillon, songea-t-il fortement. Erreur involontaire ou simple envie de l'énerver une bonne fois pour toute, Cassie se mit à s'exprimer dans un langage que seul lui pouvait comprendre sur cette planète. Ses poings se refermèrent sur eux-mêmes sans connaître la vraie cause d'un tel geste. Il ignorait la raison pour laquelle l'entendre parler dans cette langue le dérangeait, il savait seulement que cela lui déplaisait grandement. Penser à sa véritable nature pouvait parfois s'avérer bien douloureux pour lui, car contrairement à ce qu'elle s'évertuait à penser, son habitation et les siens lui manquaient cruellement. Eeya Limmen lui manquait cruellement. La jeune alien représentait autrefois tellement pour lui, elle était son monde et depuis sa disparition il avait justement la désagréable sensation de ne plus appartenir à aucune espèce ni même univers. Se réfugier sur Terre avait été en partie libérateur pour lui, même s'il n'osait se l'avouer, mais Khanas Otna était bien trop bornée pour ouvrir son esprit à sa vision des choses. « Tu es ici chez moi, je te demanderais donc de te plier à mes règles. Et l'une d'entre elles est de parler anglais. Tu sais, cette langue que tu étais autrefois tellement ravie d'apprendre. » Mais le destin souhaita une nouvelle fois le silence de Cassie car la forte sonnerie de l'interphone tactile retentit dans l'entrée. « Tu peux aller voir, s'il te plaît ? » Lui demanda-t-il d'une voix lasse avant de disparaître du côté cuisine.

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MessageSujet: Re: There's nowhere else I'd rather be. [R.]   Lun 20 Aoû - 0:25

I tremble, they're gonna eat me alive
If I stumble, they're gonna eat me alive
Can you hear my heart beating like a hammer?
Beating like a hammer.

Tu ne devrais pas te trouver là, ne cessait-elle de se répéter depuis qu’elle était arrivée en face de l’immeuble sur Wetmore Road. Néanmoins, une seconde petite voix – le démon sur son épaule gauche ? – lui intimait qu’elle faisait le bon choix, qu’elle avait toute légitimité à vouloir pénétrer à l’intérieur du bâtiment. Cette contradiction l’empêchait de traverser la rue et cela faisait une bonne dizaine de minutes qu’elle se tenait là, les bras croisés, la gorge serrée, sans trop savoir pourquoi. Elle s’apprêtait simplement à rendre visite à un ami afin de clarifier certaines choses, il n’y avait pas à se ronger les sangs de la sorte. Oui mais voilà, Andy avait parfaitement conscience que Lorcan n’était pas qu’un simple ami, elle avait tiré cette conclusion depuis plusieurs semaines déjà, toutefois elle n’avait jamais réalisé que ses sentiments pouvaient être réciproques. Jamais avant cette altercation avec Graham, sur le seuil de son appartement. Ce n’était pas tant le fait qu’il eût porté la main sur son voisin et ami mais plutôt la façon dont il lui avait parlé par la suite, la douceur de sa voix, la tendresse de son toucher ; elle avait senti cette électricité à laquelle elle était si peu habituée, dont on lui avait pourtant longuement rabattu les oreilles. Certes, il était beaucoup trop tôt pour prétendre espérer quelque chose, toutefois elle se raccrochait à cet indicible espoir comme elle ne l’avait jamais fait auparavant. Et pour cause, elle n’avait jamais ressenti de pareilles émotions à l’égard d’un autre être vivant auparavant, ce qui était un calvaire aussi doux qu’irrespirable. Elle détestait s’attacher de la sorte, d’un point de vue sentimental elle appréciait son confort, sa vitesse de croisière qui l’empêchait de se jeter corps et âme dans une relation. Elle était à l’aise dans sa solitude, ses barrières ne se sentaient pas menacées. Peut-être s’était-elle tenu à l’écart trop longtemps, peut-être était-il temps pour elle d’aller de l’avant, d’oser se jeter à l’eau. Le destin ne récompensait jamais les peureux et les lâches.

Un sourire amusé aux lèvres, Cassiopeia jeta un coup d’œil moqueur en direction du propriétaire des lieux avant de porter une partie de son attention sur le large écran qui faisait office d’interphone. Elle retint un éclat de rire en reconnaissant un visage qu’elle avait déjà eu l’occasion de voir au sein même de l’appartement dans lequel elle se trouvait. C’était presque trop beau pour être vrai. Elle s’était invitée dans le simple but de passer une heure ou deux en compagnie extraterrestre, parce qu’elle était fatiguée de ces humains – bien qu’il ne l’eût pas aidé de ce point de vue là tant Lorcan transpirait l’humanité – et voilà qu’une invitée surprise faisait son apparition, pour son plus grand bonheur. Si son ancienneté n’était rien en comparaison de celle de son compagnon, elle devait admettre avoir elle-aussi développé quelques traits de caractères qui appartenaient théoriquement à l’espèce terrienne. Jamais avant son arrivée sur cette planète n’aurait-elle songé à provoquer sciemment celui qu’elle considérait encore comme son ami – l’écart de leur ultime entrevue ne comptait pas, elle n’était alors pas elle-même – et pourtant, les centaines de pensées qui lui traversaient présentement l’esprit étaient toutes vouées à le heurter. Ou tout du moins à heurter son côté humain. Sans un mot, et en se gardant bien d’entrer dans le périmètre de détection de la caméra incluse dans l’interphone, elle autorisa l’invitée à pénétrer l’immeuble. L’alien déverrouilla la porte d’entrée suffisamment pour que cette dernière s’ouvrît seule dès les premiers frappements ; puis elle retourna comme si de rien n’était dans la pièce principale.
« C’était la fille d’un voisin parti en vacances, elle avait apparemment oublié le code d’entrée et est chargée de s’occuper de ses plantes vertes, » lâcha-t-elle le plus simplement du monde. Elle remerciait la stupidité des humains qui n’avaient pas encore trouvé un moyen de modifier leur végétation ou de créer des pots qui permettaient un arrosage automatique à longue durée. « Tu connais mon affection pour les plantes, je ne pouvais pas les laisser dépérir à cause d’une mauvaise mémoire, » plaisanta-t-elle sans recevoir la moindre réaction de la part de Lorcan. Elle vint le rejoindre dans la cuisine, se plaça dans son dos le long duquel elle fit courir son index avant de le contourner pour lui faire face. « Je suis désolée d’être une garce. » Sa voix était faible, un murmure quasiment inaudible, tandis qu’elle se hissait sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur sa joue ; ses lèvres dévièrent dans un mouvement lent, d’une sensualité nouvellement acquise.

Andy sursauta au moment où la porte s’ouvrit sous ses coups pourtant légers.
« Lorcan ? » hésita-t-elle en s’ouvrant le passage, parfaitement consciente qu’une telle action défiait la décence. Ce n’était pas la première ni la dernière fois qu’elle agissait sans réfléchir. Elle se racla la gorge à plusieurs reprises pour faire savoir sa présence, ses pas n’étaient pas non plus contenus pour paraître discrète, elle voulait se faire entendre. Et elle avait réussi, sauf que ces sons n’étaient pas parvenus aux oreilles de la bonne personne. Son cœur fit un bond dans sa poitrine avant de s’affaisser comme si sa cage thoracique lui faisait soudainement défaut. Sa respiration s’accéléra et ses paumes devinrent moites en l’espace d’un quart de seconde. Elle aurait préféré avoir offert ses cornées au premier aveugle venu plutôt que d’assister à un tel spectacle. « La porte était ouverte, je... » Elle recula d’un pas mal assuré et sa hanche heurta un meuble alors que la jeune femme, inconnue au bataillon, qui était pendue au cou de Lorcan, se reculait dans un rire gêné. « Oh mon dieu, vous m’avez fichu une de ces frousses ! » Cassie sentit une main puissante la reculer sans ménagement et sa couverture d’amabilité flancha durant une seconde. « Tu ne nous présentes pas, Lorcan ? » demanda-t-elle d’une voix mielleuse en s’approchant de la pauvre humaine qui semblait ne plus savoir où se mettre. Néanmoins, cette dernière la surprit en se redressant pour la toiser de toute sa hauteur ; alors qu’elle pensait qu’elle allait prendre ses jambes à son cou, Andy posa un regard déterminé sur le propriétaire des lieux. « Je voulais juste te parler, » expira-t-elle, non sans une grande dose de déception dans la voix. Cassie attendit le mais et l’excuse qui allait suivre mais rien n’arriva. Elle avait sous-estimé le lien qui liait ces deux là, ou bien cette humaine faisait preuve de la plus grande sottise en ne se rendant pas compte de son comportement déplacé. « Cela tombe bien, j’ai une course à faire. » Pâle excuse, preuve qu’elle n’essayait plus de couvrir ses arrières. Elle posa une main sur le bras de son collègue venu d’ailleurs et, de dos à la brunette, mima un « désolée » qui était d’une hypocrisie mal dissimulée. Andy mettait en œuvre des efforts surhumains pour ne pas envoyer cette garce, dont elle ignorait tout, dans le mur le plus proche. Elle était moins jalouse qu’énervée par sa propre idiotie. Comment avait-elle pu imaginer que Lorcan ressentait autre chose qu’une profonde amitié à son encontre ? Elle s’était conférée trop d’importance et son humilité lui revenait en plein visage avec une force redoutable. Non, le destin ne récompensait ni les lâches, ni les peureux. Il s’en prenait à tout le monde, sans favoritisme, et n’épargnait personne.

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MessageSujet: Re: There's nowhere else I'd rather be. [R.]   Ven 24 Aoû - 0:09

Khanas Otna avait toujours été comme une petite sœur pour lui, une personne qui lui était chère et dont le bonheur importait réellement. Elle n'était pas seulement l'une de ses disciples à qui il avait apporté savoir et connaissances durant des années, elle avait dépassé ce stade très rapidement. Une certaine forme de confiance s'était alors installée entre les deux ; une relation qui avait su se transformer par la suite en amitié sincère. Du moins c'était ce qu'il croyait encore quelques années – humaines – auparavant, avant qu'elle ne décide de lui asséner ses quatre vérités en pleine face comme si elle avait trop longtemps retenu sa rancœur envers lui. Encore aujourd'hui, toute cette histoire demeurait pour le moins floue à ses yeux. Il n'était toujours pas certain, à ce jour, d'avoir réellement compris les motivations de ses reproches multiples. Oui, il s'était lié d'affection pour cette race à laquelle il s'identifiait parfois bien malgré lui. Oui, il lui arrivait sans doute de s'égarer en chemin en oubliant le but premier de sa mission sur Terre. Mais même toutes ces raisons – ajoutées à d'autres – ne suffisaient certainement pas à le placer comme coupable d'une quelconque manière. Le lyncher sur la place publique comme elle l'avait fait dès son retour chez eux – chez lui – relevait d'un manque de respect flagrant auquel il avait répondu avec calme alors qu'il jugeait avoir tous les droits du monde de contester ses dires déplacés. Mais il avait fait le choix volontaire de ne pas entrer dans son jeu puéril. Les résultats restaient incertains mais il était persuadé d'avoir jusqu'ici pris les bonnes décisions avec la jeune femme. Son espèce toute entière avait le sang chaud et se sentait constamment sur la défensive mais Khanas Otna, elle, percevait des attaques là où il n'y en avait aucune. S'il avait su par le passé s'acclimater à un tel tempérament, notamment avec son défunt amour, à présent sa patience limitée l'empêchait d'agir de manière impassible en sa compagnie. Bien entendu, elle n'était pas uniquement un être désagréable et pourvue de vices insoupçonnés, il la connaissait bien trop sur le plan personnel pour la résumer à seulement quelques défauts superflus. Mais Cassie – ou Khanas Otna, les deux lui semblaient similairement énervantes – devait à tout prix apprendre ce qu'était le respect, le vrai, et en bon professeur qu'il était, il se promettait de faire son possible pour le lui inculquer. Aujourd'hui, demain ou dans trois mois, il comptait bien mettre tout en œuvre pour recevoir en retour cette politesse dont elle manquait cruellement lorsqu'elle s'adressait à lui. Et pourtant, dans sa grande bonté d'âme qui finira très certainement par le perdre, Lorcan continuait de se préoccuper d'elle comme si son rôle consistait à garder un œil sur elle sans qu'elle en ait forcément conscience. Leur relation pouvait se limiter à des rapports strictement professionnels, il aurait pu exiger une telle chose, mais le pardon faisait hélas partie des nombreux apprentissages de l'éducation qu'il reçut, comme le reste de sa lignée.

De toute évidence, il devait y avoir comme une certaine prescription ici bas car la jeune alien fit preuve d'une sournoiserie qu'il ne vit pas du tout venir, alors qu'il avait souvent appris à anticiper ses ruses parfois blessantes. Celle-ci l'était davantage que les précédentes d'ailleurs. Et la plaisanterie avait suffisamment duré. Un verre à la main, il se tenait non loin de la fenêtre de la cuisine lorsque Cassie le rejoignit dans la pièce. Alors qu'elle se plaçait devant lui, sans doute pour capter son attention, il déposa le contenant de sa boisson sur le plan de travail et esquissa un faible sourire à ses paroles. Elle ne les pensait pas, il pouvait le sentir, elle avait ce regard malicieux comme chaque fois qu'elle s'apprêtait à jouer à la plus maligne avec lui. De cela, il ne lui en tenait pas rigueur, en revanche ce qui suivit par la suite le perturba plus qu'il ne l'aurait cru ; pour la simple et bonne raison que jamais auparavant il n'avait imaginé un seul instant un scénario comme celui-ci, jamais. Plus surpris que dérangé, sa main vint aussitôt emprisonner son visage, son pouce étant posé sur son menton alors que le reste de ses doigts recouvraient sa joue. Ses lèvres ne bougèrent pratiquement pas, seuls ses yeux clairs l'observaient étrangement comme s'ils cherchaient à obtenir une explication cohérente à ce qu'elle était en train de faire. Dans un premier temps, il crut qu'elle cherchait une nouvelle fois à se jouer de lui et de ses habitudes humaines mais c'est bien trop tard qu'il réalisa le véritable fond de sa pensée, au moment où une certaine troisième personne s'invita à son tour dans la cuisine.
 « Andy... » Souffla-t-il de manière pratiquement inaudible tout en repoussant presque violemment Cassie qui se dirigea alors vers la petite brunette. C'est silencieux qu'il adressa un regard désolé presque implorant à la jeune humaine qui visiblement était plus que déçue par son comportement inapproprié et digne des plus grandes trahisons de la caste humaine. Vraiment ? Khanas Otna osait s'abaisser à un tel niveau ? Vouloir s'en prendre directement à lui était une chose, il pouvait gérer cet infime détail, mais prendre pour cible une parfaite innocente – Andy qui plus est – en était une autre. A dire vrai, il s'agissait d'un réel affront selon lui. S'attaquer à une personne qu'il affectionnait était comme s'opposer à lui sans détour, elle le défiait ouvertement devant une femme qui ignorait tout de leur condition et cela, il ne pouvait tout simplement pas l'accepter. « Je te raccompagne. » Lâcha-t-il d'une voix extrêmement sèche qui allait de paire avec ses iris étrangement assombris à présent. Sans cacher son énervement, il se saisit du bras de l'alien avec une poigne ferme qu'elle seule pouvait endurer dans cette pièce comme sur cette planète, avant de l'entraîner d'un pas décidé jusqu'à la sortie. « Tu ne t'en sortiras pas comme ça, crois-moi. » Ses mots étaient distinctement hachés et pratiquement crachés avec rage. Il la relâcha finalement et l'incita à se diriger vers le couloir de l'étage en empiétant son espace vital pour ainsi lui laisser l'unique choix de reculer. De toute manière, Cassie ne se fit pas prier pour déguerpir. Sa méchanceté – ou plutôt son sadisme – le laissait sans voix mais ce n'était que partie remise, elle ne perdait rien pour attendre. Il n'avait pas dit son dernier mot dans cette histoire.

Après avoir claqué la porte un peu trop fort, s'en rendant bien sûr compte une seconde trop tard, Lorcan s'empressa de regagner la cuisine dans laquelle l'attendait toujours la jeune femme, de toute évidence mal à l'aise. Et il y avait de quoi l'être.
« Ce n'est pas ce que tu crois, Andy... » Commença-t-il de manière un peu bancale. « Je sais que tu penses comprendre ce que tes yeux viennent de voir mais ce n'est pas le cas, c'est plus compliqué que ça. » Il n'était pas très sûr de ce qu'il devait dire ou ne pas dire, les disputes ne lui avaient jamais réussi dans le passé. Il pensait que l'habitude aurait pu lui apporter une certaine forme d'assurance, grâce ou à cause de Georgia, seulement il n'était pas en pleine possession de ses moyens pour le moment. « S'il te plaît, ne tire pas de conclusions trop hâtives. C'est tout ce que je te demande. » Dans un geste lent, il voulait avant tout éviter de la faire fuir et la voir partir, il se rapprocha d'elle centimètre par centimètre jusqu'à bientôt arriver à sa hauteur. « J'aimerais bien écouter ce que tu avais à me dire, si tu veux toujours me parler. » Son ton s'était considérablement radouci alors que ses yeux avaient repris une teinte plus naturelle. C'est dans une attitude presque vulnérable – étrange quand on remarquait la taille de cette grande brindille vivante – qu'il tendit sa main dans sa direction pour attraper la sienne entre ses doigts. Son enveloppe corporelle avait vraisemblablement du mal à encaisser et à gérer ce trop plein d'émotions qui l'envahissaient de toutes parts. Ses jambes ne semblaient plus vouloir supporter le poids de son corps tandis que sa tête lui tambourinait atrocement au niveau des tempes et que des fourmillements désagréables lui parcouraient l'échine. Différentes sensations se bousculaient en même temps en lui, il ressentait encore l'agacement éprouvé contre Cassie alors qu'il éprouvait une forte difficulté à cacher son contentement de l'avoir en face de lui. Car oui, il était étonné mais surtout ravi de la savoir ici. Après ce qui s'était produit devant son appartement, il avait la curieuse impression d'enchaîner les mauvais points avec elle et apparemment il n'existait aucun remède miracle pour réparer ses erreurs. Il avait déjà émis cette conclusion lors de leur dernière entrevue mais aujourd'hui il en était plus que certain, une puissance céleste quelque part là-haut était contre leur rapprochement. Mais pour une rare fois dans sa longue vie, il éprouvait simplement l'envie de crier un bon coup « merde » et de dire non à ceux qui régentaient sa propre vie avant lui-même. Malgré ses nombreuses erreurs, qu'il ne comptait désormais plus, il se plaisait réellement ici, n'en déplaise à certaines personnes. L'amitié qui le liait à Andy lui avait apporté d'autres perspectives dans la vie et des attentes beaucoup moins strictes. Alors que la précision avait toujours été son maître mot jusqu'à présent, il ne ressentait désormais plus aucune honte à prendre du plaisir en vivant au jour le jour, sans se projeter dans l'avenir ni songer à ses projets. Cette vie là lui convenait parfaitement et cela ne l'empêchait aucunement d'être fidèle aux siens, il n'en oubliait pas pour autant d'où il venait. Et c'est précisément cette nuance entre les deux mondes qu'il cherchait à faire comprendre à sa collègue alien, en essayant vainement de lui ouvrir les yeux qu'elle préférait volontairement garder détournés de ce genre de situation.

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MessageSujet: Re: There's nowhere else I'd rather be. [R.]   Sam 25 Aoû - 1:18

En dépit des apparences qui ne jouaient pas en sa faveur, Khanas Otna n’était pas une sadique ; elle ignorait par ailleurs tout de ce concept résolument humain. Elle ne souhaitait pas faire du mal à son ami de la sorte, elle ne pensait pas qu’il en serait à ce point affecté. Lui qui avait été le donneur de leçons durant de nombreuses décennies, il était temps d’inverser les rôles, elle ne cherchait qu’à lui rendre service en lui ouvrant les yeux sur l’inutilité et la petitesse de l’espèce humaine. Elle refusait que leur mission pâtissât d’un trop plein d’intérêt pour des individus qui ne méritaient même pas qu’il se retournât sur eux. Il était perturbé par une présence trop longue sur Terre – elle énoncerait ce fait dans son prochain message adressé à leurs supérieurs – et elle comptait bien le ramener sur le droit chemin, de lui rappeler auprès de qui était sa place. Elle faisait métaphoriquement partie de sa famille, elle était l’une de ses proches, jamais une humaine ne pourrait prétendre partager le lien qu’ils partageaient. Cela n’avait rien à voir avec une quelconque affection, encore moins avec de la jalousie, il s’agissait d’un fait avéré et prouvé. Il n’avait pas été créé pour se ramollir l’esprit auprès d’une race inférieure. Il méritait mieux que tout cela. Ne pouvait-il pas ouvrir les yeux sur ses réelles intentions ? Pourquoi se fermait-il autant à elle alors que ses motifs n’avaient, pour une fois, rien d’égoïstes ? Lorsqu’il la jeta en dehors de son appartement, toute expression d’amusement avait disparu de son visage. Des menaces. Il osait proférer des menaces à son encontre, lui, qui se vantait d’être issu d’une race pacifiste, cela voulait tout dire du mur contre lequel Cassiopeia l’avait acculé. Toutefois, et malgré le regard empli de détestation dont il l’avait gratifié, elle n’éprouvait pas le moindre regret. Ses actions étaient justes, sa manière de procéder quelque peu radicale mais nécessaire. Un jour, quand il aurait terminé de batifoler avec ses vulgaires humaines, il la remercierait. Et la perspective de ce futur, sans doute pas si lointain, valait à ses yeux toutes les brimades de ce monde ou d’ailleurs – elle avait déjà vécu et vivrait bien pire encore. Lowrirr n’était pas un méchant, il n’était pas en mesure de lui faire du mal ni physiquement ni avec des mots, elle avait toujours eu cet ascendant sur lui, dont elle n’avait jusqu’à présent jamais fait usage mais qu’elle n’hésiterait guère à sortir s’il tenait sa promesse de ne pas « la laisser s’en sortir comme ça ».

Elle avait beau garder la tête bien haute, le moral d’Andy se trouvait au ras du sol, voire encore plus bas. La contenance qu’elle s’obligeait à tenir lui pompait une grande partie de son énergie et elle fut reconnaissante à Lorcan de s’éloigner pour raccompagner sa petite amie ; il devait avoir besoin de partager un peu plus de temps à ses côtés, puisqu’elle était venue les déranger comme une mal éduquée. Ses épaules s’affaissèrent et elle inspira une grande bouffée de l’air décidément trop lourd à son goût. Elle sentait déjà les larmes se presser contre ses paupières mais elle les retint en levant son visage au plafond, elle ne se montrerait pas faible devant lui, elle ne l’avait que trop été durant tout ce temps. Le claquement de la porte la surprit et lui causa un léger sursaut. Des ennuis au paradis ou bien un simple courant d’air ? Elle s’en fichait, elle n’était pas là pour déchiffrer la relation qui le liait à cette grande inconnue. Ses traits se refroidirent dès l’instant où l’homme ouvrit la bouche. Elle l’avait pensé différent des autres qu’elle avait pu côtoyer au cours de son existence, il lui prouvait par deux fois qu’il n’était qu’un individu parmi la multitude, pas une exception. Au fond, c’était cela qui la décevait le plus, avoir eu des attentes à son égard, l’avoir placé sur un piédestal alors qu’il ne lui avait jamais rien promis.
« Pourquoi n’aurais-je plus envie de te parler ? » répondit-elle d’une voix glaciale, les yeux rivés sur leurs mains jointes. Elle retira la sienne en reculant d’un pas. « Il n’y a rien à comprendre ou à mal interpréter, Lorcan, tu ne me dois rien, ni excuse, ni explication. » Sa gorge était serrée malgré les efforts qu’elle mettait en œuvre pour masquer son mal-être. Elle avait besoin de fuir cet appartement, de prendre l’air et de ne jamais y remettre les pieds, mais sa fierté avait fait des siennes et l’obligeait à rester au moins le temps d’une conversation. Pourtant, elle n’avait plus rien à lui dire. Il avait ruiné tous les bons sentiments qu’elle éprouvait à son égard en moins de temps qu’il ne lui avait fallu pour se décider à venir le voir. « J’ai appris ta séparation d’avec Georgia, je voulais m’assurer que ça ne t’affectait pas trop. » Elle pouffa sans une once d’amusement. « Je constate que non. Je vois aussi que tu t’es bien remis de ton altercation avec Graham... Je n’ai par conséquent plus rien à faire ici, navrée de t'avoir dérangé pour si peu. » Plus elle parlait, plus elle sentait son visage se décomposer. Elle devait s’en aller maintenant avant que ses nerfs ne lâchassent.

Elle essaya. Ses jambes firent demi-tour et la conduisirent auprès de la porte qu’elle n’aurait jamais dû franchir, cependant ses doigts refusèrent d’abaisser la cliche. Elle sentit la présence de Lorcan dans son dos et chaque pas qu’il faisait dans sa direction était une larme de plus qui menaçait de s’écouler le long de sa joue. Elle détestait cette emprise qu’il avait sur elle, qui l’empêchait de réfléchir correctement et de faire preuve de logique. Mais elle voulait tellement demeurer auprès de lui, elle avait l’impression d’être à sa place à ses côtés, ce qui ne lui était jamais arrivé auparavant. Dans une inspiration difficile, elle se retourna au ralenti pour lui faire face. Elle esquissa un sourire triste.
« Tu t’es rasé la barbe... » Elle ignorait le but de cette remarque, sans doute une distraction pour retarder l’échéance de son départ, le moyen de partager sa compagnie un petit instant de plus, puisqu’elle savait que leur amitié serait terminée dès l’instant où elle franchirait le seuil de cette porte. Elle était une personne courageuse, tout le monde pouvait en attester, mais rester amie avec quelqu’un qui lui avait brisé le cœur était au-dessus de ses forces. « Ça te va bien, le changement... » Peut-être devait-elle en faire de même. Se couper les cheveux, changer de garde-robe, n'importe quoi pour démontrer qu'elle aussi était capable d'aller de l'avant. Même si, à cette seconde précise, elle s'en sentait incapable.

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MessageSujet: Re: There's nowhere else I'd rather be. [R.]   Mar 4 Sep - 23:38

Il n'était vraisemblablement pas difficile de constater la confusion certaine et flagrante de Lorcan à ce moment précis. Son corps – longiligne – tout entier semblait solidement ancré au sol tandis que ses grands yeux bleus parsemés d'une légère teinte grise se plissaient et déplissaient à répétition pour attester de son mal-être. Malgré sa taille relativement grande, du moins cela était le cas dans ce monde-ci, il donnait l'impression d'être le plus triste de tous les habitants terrestres. A dire vrai, il s'agissait là d'un trait de caractère souvent remarqué chez l'alien. En effet, ce dernier possédait cette curieuse faculté d'attirer la compassion et la pitié aussi facilement que le faisait un pauvre animal blessé. Peut-être était-ce dû à son regard de chiot maltraité – c'était ainsi que Georgia le qualifiait lors des disputes – mais pour une raison qu'il ignorait encore lui-même, la tristesse était hélas un sentiment qu'il connaissait très bien, un peu trop bien d'ailleurs, et qu'il maîtrisait à la perfection. Aujourd'hui comme de nombreuses fois auparavant, il arborait une attitude tourmentée dont le naturel n'était pas à douter. Son chagrin était évident, presque palpable, s'il avait été question d'un sentiment perceptible par le toucher, nul doute qu'Andy aurait pu le sentir. Il n'était certainement pas dans sa nature de faire semblant, il était un être authentique et c'était justement cet infime détail qui le dérangeait le plus sur cette planète. Sa présence ici se justifiait très simplement et, en temps normal, l'écart n'avait pas sa place dans son quotidien. Jouer la comédie était un acte plus pénible que difficile. Rien qu'en affichant cette enveloppe corporelle et non une autre, il acceptait explicitement de revêtir la cape d'un personnage qui n'était pas lui mais il essayait malgré tout de se montrer le plus sincère possible. Bien entendu, il n'était pas « vrai » et toute sa prétendue vie sur Terre n'était qu'un leurre éphémère mais Lorcan persistait à vouloir adopter ce mode de vie en restant proche de la personne qu'il était réellement. Khanas Otna n'approuvait visiblement pas ses choix mais peu lui importait, à son sens elle ne savait absolument rien du comportement adéquat à adopter et ne connaissait assurément pas grand-chose en matière d'humains. Il avait cru possible de pouvoir lui transmettre son immense savoir sur le sujet mais il s'était fourvoyé depuis le début ; un être de son espèce n'était décidément pas capable de comprendre le sentiment humain. Et simplement pour cette raison, il la jugeait non professionnelle et inapte à poursuivre sa mission. Elle qui se croyait au-dessus de tout et tout le monde passait clairement à côté de ses objectifs. Il était conscient que leurs points de vue divergeaient selon la position de chacun dans cette histoire mais il avait suffisamment passé de temps auprès de ces gens pour savoir ce qui était approprié ou non de faire. Dans cet univers ou dans le sien, ici comme là-bas, Lorcan demeurait pacifiste. Son espèce était probablement plus évoluée que celle de la jeune femme, et alors ? Il prouvait actuellement et avec brio qu'il n'était pas incompatible pour eux de cohabiter. Il s'adressait à Andromache avec le respect qu'elle méritait de recevoir et si à l'avenir il devait une nouvelle fois s'excuser pour le comportement déplacé de sa collègue, alors il le ferait encore et encore sans jamais s'arrêter. Concernant ce débat, sa patience avait des limites qui dépassaient de très loin celles de Khanas Otna, et son amour pour ce peuple étrange ne pouvait être ébranlé par les crises répétées d'une alien puérile. Contrairement à ce qu'elle croyait, elle n'était pas chez elle ici et n'avait par conséquent aucun droit. Il était sincèrement désolé de mettre un frein à sa folie passagère mais quelqu'un se devait de la remettre à sa place, celle – plus bas – qui lui incombait. Car au risque de la décevoir, elle n'avait pas une once de sang royal dans le corps et devait de ce fait s'asseoir sur une quelconque forme de souveraineté.

La respiration calme, il l'écouta parler sans oser l'interrompre. Elle était déçue, il pouvait le voir, et inexplicablement cela le blessait intérieurement. Il ne voulait pas lui faire de mal, il s'évertuait à le répéter sans cesse mais sa motivation possédait visiblement plus d'une faille car Andy semblait encore une fois touchée, dans le mauvais sens du terme, par ses agissements involontaires. Il aurait aimé être parfait mais il ne l'était pas, ici ou ailleurs. Il aurait aimé, pour elle, parvenir à élucider tous les mystères de l'humanité pour la rendre un minimum heureuse. Son bonheur était tout ce qu'il souhaitait mais au lieu de cela, il arrivait seulement à combler son malaise assuré et son manque d'assurance quotidien. En somme, il n'était ni plus ni moins qu'un boulet pénible relié à sa fine cheville qu'il abîmait au fil du temps. Ce fut dans un silence presque coupable qu'il suivit la jeune femme dans la pièce principale jusqu'à la porte d'entrée. Pourquoi ne parvenaient-ils pas à se comprendre pleinement ? Pourtant la comédie était sublime et son rôle parfaitement exécuté, à cet instant précis il était humain, son égoïsme grandissant attester de cela. Il savait pertinemment qu'il se heurtait douloureusement à elle plus il l'obligeait à rester dans le même environnement que lui mais même en ayant conscience de cette information, il se refusait catégoriquement à la voir partir. Lorsque la jeune femme consentit enfin à lui faire face, il se toucha machinalement sa joue désormais lisse et douce avant d'esquisser un faible sourire. Lui dire que le changement c'était elle aurait été présomptueux de sa part même si c'était ce qu'il ressentait intimement au fond de lui. Ses yeux, abattus et remplis d'incompréhension, examinaient avec attention les moindres parcelles de son visage alors qu'ils effectuaient une sorte de mimétisme inconscient. Le regard brillant et imbibé de larmes, il se mit à la fixer longuement comme il le faisait d'ailleurs la plupart du temps.
 « Tu n'es pas obligée de partir, tu sais. » Lâcha-t-il finalement après avoir conservé le silence depuis un petit moment. « Elle ne représente rien pour moi. » Se sentit-il presque obligé d'ajouter pour se justifier concernant la présence de Cassie dans son appartement. Bien sûr, cela n'expliquait aucunement le pseudo baiser auquel elle avait assisté mais il ne trouvait rien d'intelligent à dire là-dessus. « Je pensais tout ce que j'ai dit à ton ami, Graham. » Il s'approcha de quelques pas jusqu'à appuyer son épaule contre la porte. « Je suis prêt à t'apporter la protection dont tu as besoin. » En réalité elle méritait la protection d'un homme, chose qu'il n'était pas, mais il promettait de lui procurer un réconfort qu'elle ne connaissait pas. A la manière d'une armure, il sera toujours là pour la protéger d'un quelconque mal et l'abriter dans ses bras. « Je ne suis peut-être pas celui qu'il te faut mais mon attachement pour toi est sincère. » Il se décala légèrement afin de poser sa main sur la poignée. « J'accepte de ne plus t'importuner et te laisse partir si tu m'assures que tu me crois. » Ses longs doigts jouaient nerveusement avec la cliche de la porte. Il était prêt à tirer un trait sur elle à une seule condition : elle devait lui affirmer qu'elle ne remettrait plus en doute ses sentiments pour elle, situation impromptue ou pas.

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MessageSujet: Re: There's nowhere else I'd rather be. [R.]   Mer 12 Sep - 1:53

Tandis que la voix posée de Lorcan continuait de bercer ses oreilles de fadaises auxquelles elle avait de plus en plus de difficulté à croire, Andy se demanda à quel moment toute cette situation avait dérapé, quel avait été le détail qu’elle avait négligé et qui l’avait propulsé dans cette spirale infernale. Quand, exactement, était-elle tombée amoureuse de lui ? Elle avait beau tourner et retourner dans son esprit le flot d’émotions qui la submergeait à cette seconde précise, les battements saugrenus de son cœur attestaient qu’elle avait trébuché sur le sentier au combien hasardeux de l’amour, et elle était hélas la seule à l’arpenter. Elle se souvenait sans trop de mal avoir succombé à son charme indéniable dès leur première rencontre, à l’occasion de cette soirée entre voisins à laquelle il avait été convié pour elle ne savait plus quelle raison ; n’importe quelle femme dans l’assistance avait dû en faire de même, elle n’y avait alors pas prêté garde mais Lorcan émanait un magnétisme qui ne laissait personne indifférent. Toutefois, la jeune Baxter avait croisé plus d’un physique attrayant au cours de son existence, il lui en fallait davantage pour perdre la tête. La poussée s’était-elle faite durant leurs quelques entrevues, les glaces et cafés partagés ? Les promenades dans les parcs ponctuées de conversations sans intérêt ? Elle en doutait, cela n’avait contribué qu’à développer entre eux une amitié indéniable, elle ne pensait que du bien de lui, beaucoup de bien, sans pour autant s’imaginer à son bras ou dans son lit. En outre, Georgia était à rajouter à l’équation, ce qui l’avait bel et bien empêché de se faire des fausses idées à son égard. Le sentiment était arrivé plus tard, lorsqu’elle avait cru le perdre durant leur long passage à vide durant lequel elle avait refusé tout contact, tant physique que téléphonique, et il s’était accentué lors de l’altercation houleuse avec Graham. La façon dont il s’était adressé à elle, la chaleur de ses doigts contre sa peau, il avait réussi à effacer l’espace de quelques secondes tout ce qui les avait entouré, et ce fut cet instant qui l’avait fait irrésistiblement basculer hors de la zone, pourtant si confortable, de la simple amitié. Si seulement elle pouvait revenir en arrière, fermer les yeux et se concentrer sur la préparation de sa tarte, elle ne se serait pas interposée et ne serait actuellement pas dans ce bourbier émotionnel. Son voisin serait peut-être dans un état proche du coma, cela dit, et elle ne le souhaitait pas ; Graham avait déjà suffisamment souffert et se prenait déjà assez de coups au quotidien pour qu’elle en rajoutât une couche. Il était un chic type, elle aurait préféré que son cœur s’entichât de lui, au moins elle aurait su à quoi s’en tenir et les désillusions auraient été moindres à ses côtés.

Lorcan ne lui facilitait pas la tâche, avec ses belles paroles qui touchaient en plein dans le mille la corde sensible de la brunette. Elle aurait pu balayer le tout d’un revers de la main, franchir cette porte et ne jamais se retourner. Certes, il lui aurait fallu de longues semaines pour panser son cœur blessé, toutefois elle ne doutait pas d’y arriver, il n’était pas encore trop tard, les dégâts n’étaient pas trop importants. Par contre, plus elle restait en sa compagnie, plus elle se sentait fondre sous son regard azur et ses bonnes intentions, ce qui ne faisait qu’accroître les torts qu’il était susceptible de lui causer. Malheureusement, Andy était plus proche de l’adolescente transie par ses premières amours que de la vieille sage dispensant des conseils avisés. Rien ne l’obligeait à s’en aller, il venait de le dire, et elle le croyait tout autant que lui. Rien, hormis l’image de la grande brune qu’elle avait surprise en sa compagnie quelques minutes plus tôt. Rien, si ce n’était le souvenir d’une Georgia enragée qui l’avait accusée de lui voler son petit ami. Rien, en dehors des bleus qui coloraient encore aujourd’hui le visage de Graham et dont Lorcan était le responsable. Tout cela était-il important ? Son bonheur personnel ne valait-il pas de laisser de côté les détails qui parasitaient leur relation ? Elle avait passé tant de temps à fuir toute forme d’attachement à un homme qu’elle avait perdu l’habitude de lire le désir dans le regard d’autrui, elle ne savait plus ce que cela faisait que de sentir la pression bienveillante de bras puissants autour de ses épaules. Elle ignorait ce qu’était cette protection dont il lui parlait parce que, jusqu’à présent, elle n’avait compté que sur elle-même. En y réfléchissant à deux fois, il devait être agréable de se reposer sur un autre.
« Bien sûr que je te crois, » répondit-elle, la gorge sèche. Elle ne mentait pas, elle n’annonçait pas ces mots pour lui faire plaisir, elle les pensait. Parce qu’en plongeant son regard dans le sien, elle n’y voyait rien d’autre que la plus extrême sincérité. Elle aurait préféré y déceler de la fourberie, de la tromperie comme chez tous les hommes qu’elle avait côtoyés, mais il ne lui laissa pas ce plaisir. Il persistait à la faire souffrir avec son enveloppe de perfection qui renfermait un esprit tout autant irréprochable. Elle, elle ne l’était pas, elle n’était qu’une humaine parmi tant d’autres, avec ses qualités et ses défauts, elle ignorait si elle était capable de supporter la pression d’une telle compagnie. Elle était forte, bien plus qu’elle ne le paraissait, elle avait franchi des obstacles bien plus imposants que celui qui se dressait devant elle. Il n’était qu’un homme, pas une menace, elle en faisait une montagne alors qu’elle aurait dû profiter de ce qu’il avait à lui offrir. Elle détourna un instant ses yeux sur ses mains nouées avant de les relever vers le visage de Lorcan.

« Ce ne devrait pas être si compliqué. » Elle s’humecta la lèvre inférieure le temps de prendre une longe inspiration. « J’ignore la vraie nature de ce lien qui existe entre nous, mais je sais que c'est quelque chose qui est censé être simple, agréable et à l’opposé de tout ce qui s’est passé jusqu’à présent. » Elle fit un demi-pas en avant puis posa sa main à plat sur l’avant-bras du maître des lieux. « Il ne tient qu’à toi de devenir celui qu’il me faut. Il te suffit de me laisser être celle faite pour toi, je t’assure que j’en suis capable. » Cela était vrai, elle avait juste besoin de temps, de retrouver ses marques. Les relations amoureuses ne se faisaient pas que dans un sens ; il attestait pouvoir la protéger, alors il devait s’attendre à ce qu’elle en fasse de même, à son échelle. « En attendant, je promets de ne pas m’éloigner si, en échange, tu promets de te tenir à l’écart des jolies brunes qui semblent tomber comme des mouches à tes pieds… » Et dont elle faisait partie, indubitablement, même si elle s’estimait plus méritante que les deux dont elle avait plus ou moins fait la connaissance. Dans une expiration soulagée, Andy fit descendre ses doigts le long de son bras jusqu’à son poing fermé sur la cliche, elle appuya doucement dessus pour le forcer à ouvrir la porte. Elle avait partagé ce qu’elle avait sur le cœur, il était temps de tirer sa révérence, quelle que fût sa réponse.

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