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 A red petal fallen onto a concrete mass [R.]

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Andromache Baxter
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MessageSujet: A red petal fallen onto a concrete mass [R.]   Mar 1 Mai - 17:57



Your charm is a pleasure yet an ever changing cage
It's like I walked into a dagger, took a step back
You turned around and didn't look back

Andy se passa une main dans les cheveux, un sourire idiot sur le visage, tandis que ses doigts caressaient lentement le bout de papier qu’elle avait sous les yeux depuis une bonne demi-heure. Ce n’était pas tant les chiffres qui s’étalaient sur ce chèque qui la mettait dans un tel état mais bien le chemin parcouru pour l’obtenir. Elle n’était pas dotée d’un ego démesuré, cependant, en cette fin d’après-midi, elle se sentait fière. Et elle voulait partager sa joie avec ses proches. Seulement, après une heure passée au téléphone avec sa mère, il ne lui restait plus grand-monde à prévenir. Graham était aux abonnés absents, Serah au travail et elle était tombée sur les répondeurs de Liam et Molly. Personne avec qui fêter sa petite réussite. Elle fit glisser son index sur l’écran de son téléphone, déroulant son carnet d’adresses pourtant bien rempli ; elle soupira et regarda le nom sur lequel s’était arrêté le défilement. « Lorcan, » murmura-t-elle du bout des lèvres. Même si elle ne le connaissait pas depuis longtemps, il entrait bel et bien dans la catégorie des amis avec qui elle aurait souhaité passer du temps en cette occasion ; malheureusement les récents événements avaient imposé une certaine distance entre eux. Sans parler de l’accident dont il avait été victime et qui avait failli la faire mourir, elle aussi, d’inquiétude, le dernier entretien qu’elle avait vécu avec Georgia l’avait considérablement refroidie et dissuadée de réclamer davantage de nouvelles. Le boulot qui lui était tombé dessus par la suite l’avait empêchée de réfléchir plus sérieusement à ce qui s’était passé à l’hôpital, à la disparition soudaine de Blumenfeld de sa chambre ainsi que des registres. L’étrangeté de la situation n’était pas à démontrer et il y avait tout un tas de questions qu’elle aurait souhaité lui poser ; toutefois elle n’avait pas eu l’occasion de le revoir. L’ultime image qu’elle avait de lui était celle de ses traits tirés et de ses yeux fermés, perfusion au bras et teint des plus pâles. Image qui l’avait hantée des jours durant. Le souvenir de sa peau glaciale sous ses doigts la fit tapoter sur son téléphone. Avant qu’elle ne puisse réaliser ce qu’elle faisait, elle venait d’envoyer un concis « Salut ! » à Lorcan. La jeune Baxter grimaça en levant les yeux au ciel. Elle lui balançait une banalité sans nom alors qu’elle ne l’avait pas vu depuis plusieurs semaines et qu’il lui avait laissé un message concerné – auquel elle n’avait pas répondu – quelques jours plus tôt. Les probabilités qu’il veuille encore lui parler étaient minces. Et pourtant.

Les routes étaient encombrées, la circulation difficile. A l’arrière du taxi, Andy relisait les messages échangés la veille avec Lorcan. Ils étaient concis : elle lui proposait un café, il répondait qu’il n’avait pas le temps mais que pourquoi pas demain ? Le smiley final dont il avait fait usage avait achevé de la convaincre d’accepter. Elle avait vraiment envie de le voir. De s’assurer qu’il allait bien. De s’expliquer. Le nombre de raisons qui légitimer leur rendez-vous était plus important que la culpabilité éprouvée à l’idée d’attiser la jalousie de Georgia. En outre, cette dernière l’avait accueillie avec tellement de froideur la dernière fois qu’elle l’avait vue, qu’une partie d’elle espérait la torturer d’une façon ou d’une autre.
« Déposez-moi là, je finirai à pieds, » indiqua-t-elle au chauffeur en lui tendant un billet de dix dollars – ils n’avaient vraiment pas roulé beaucoup. Marcher allait la distraire, et elle n’était plus très loin du Tea Shop. Elle jeta un coup d’œil en direction de la couverture nuageuse qui assombrissait déjà les rues. L’espace d’un instant, elle se demanda s’il existait, à San Antonio, un mutant capable de maîtriser la météo. Si tel était le cas, elle aimerait faire sa connaissance, histoire de s’arranger le meilleur temps possible pour les futurs cocktails qu’elle organiserait. Cette pensée égoïste l’occupa jusqu’à ce qu’elle arrive en face de la devanture qu’elle ne connaissait que trop bien, pour y avoir déjeuner à maintes reprises. L’établissement avait, entre autres, été le témoin de son premier « tête-à-tête » avec Lorcan. Cela avait le mérite de le rendre spécial, même si le café n’y était pas si bon et les pâtisseries bien trop chères. Elle resta un instant devant la porte, elle vérifia sur son portable qu’il n’avait pas annulé puis pénétra à l’intérieur du bâtiment. Un serveur passa auprès d’elle, la salua puis lui indiqua un coin de la salle d’un signe de tête. Elle dirigea son regard à l’emplacement indiqué et elle sentit une légère vague de chaleur monter dans ses joues.

Elle ne le rejoignit pas immédiatement, elle passa d’abord commande au comptoir – seulement la sienne, elle n’avait pas regardé s’il avait déjà une tasse devant lui ou non – et vint s’installer en face de lui. Elle déposa sa boisson sur la table, s’installa confortablement sur le siège avant de le fixer en silence. Elle fit de son mieux pour ne laisser transparaître aucune émotion, même si ses yeux pétillaient contre son gré et que mille et une pensées fourmillaient à l’intérieur de sa boîte crânienne. Elle s’humecta les lèvres en arquant les sourcils.
« Tu as meilleure mine que la dernière fois que je t’ai vu ! » Elle secoua la tête en fermant une seconde les yeux. Ce n’était pas très gentil de sa part. « Je veux dire... Ca fait plaisir de te voir en dehors de l’hôpital, sur tes deux pieds... » Ce n’était pas mieux, il était grand temps de se taire, mademoiselle Baxter.

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MessageSujet: Re: A red petal fallen onto a concrete mass [R.]   Mar 1 Mai - 22:27

You give your hand to me then you say hello.
And I can hardly speak, my heart is beating so.
And anyone can tell. You think you know me well.
Well, you don't know me.


« Je sais que tu me mens, Lorcan. » Du haut de son petit mètre soixante-quatre, et sans talons aux pieds, Georgia suivait de très près celui qu’elle considérait comme son petit ami depuis bientôt un an maintenant. A chaque pas qu’il effectuait dans l’appartement, la jeune femme s’empressait de réduire l’espace qu’il existait entre eux. Ce qui avait pour ainsi le don d’énerver le principal concerné, en plus des nombreuses charges dont il était actuellement accusé. « Pourquoi tu ne veux pas me dire la vérité ? »
« Quelle vérité, Georgia ? » S’impatienta légèrement Lorcan qui se retourna vers elle après avoir déposé sur le lit sa sacoche contenant divers dossiers de maquettes en rapport avec son travail.
« Depuis que tu es sorti de l’hôpital, tu agis bizarrement. » Elle s’approcha lentement de lui. « Tu me le dirais si quelque chose n’allait pas ? » Elle déposa sa main à plat sur son torse et releva la tête pour pouvoir le regarder dans les yeux.
« Oui. » Se contenta-t-il de répondre.
« Tu me le dirais si tu voyais quelqu’un d’autre ? »
« Georgia… »
« Si tu n’as rien fait, tu es au moins intéressé par une autre. » Les larmes lui montaient progressivement aux yeux plus les accusations franchissaient ses lèvres.
« Arrête. »
« J’ai le droit de savoir ! » Elle s’agrippa fermement à un pan de son gilet. « C’est trop te demander de me rassurer quand j’en ai vraiment besoin ? » Il l’examina longuement du regard sans trouver de réponse adéquate à ses paroles. « Tu m’aimes toujours, n’est-ce pas ? » D’une main, il se saisit de son menton dans le but de lui faire lever la tête bien haut puis captura ses lèvres dans un baiser langoureux, tandis que ses doigts libres s’amusaient avec la pointe de ses cheveux. Georgia n’était pas méchante dans le fond et ne possédait pas uniquement des défauts. Seulement, la demoiselle avait un petit caractère bien trempé et sa jalousie excessive prenait chaque jour le pas sur son imagination débordante. Si autrefois son comportement le faisait sourire, aujourd’hui sa possessivité le fatiguait grandement. Son état avoisinait presque la lassitude par moment mais il se gardait bien de le lui dire. Sauf que Lorcan n’était pas le genre d’individu qui se forçait à sourire pour la bienséance, il était par conséquent facile pour Georgia de déceler son agacement lorsqu’il prétendait pourtant partager son avis. « Ce n’est pas la réponse que j’attendais mais je vais devoir m’en contenter, je le sais. » Rétorqua-t-elle avec un sourire triste.
« Je dois y aller. » Insista-t-il ensuite, convaincu d’avoir à présent la paix.
« Mais tu viens à peine de rentrer. » Plus tôt, beaucoup plus tôt. Ce n’était d’ailleurs pas dans ses habitudes d’arriver avant seize heures. Elle avait donc été suffisamment naïve pour croire qu’il lui avait réservé une petite surprise ce soir. Raté.
« Ne m’attends pas pour manger. » Il l’embrassa avec douceur sur le front puis la contourna pour aller récupérer son téléphone qu’il avait abandonné sur la commode de la chambre en rentrant. L’espace d’une fraction de seconde, l’idée qu’elle eût fouillé dans ses derniers messages envoyés lui traversa l’esprit, c’est la raison pour laquelle il jeta un rapide coup d’œil dans sa direction avant de finalement se diriger vers la sortie. Bien entendu, Georgia lui emboîtait le pas de près, mais cela était tellement devenu une habitude qu’il n’y prêtait plus tellement attention.

La circulation en centre-ville était une horreur en période de pointe, une véritable épreuve et torture pour cet être étranger qui ne comprenait vraisemblablement pas pourquoi les humains n’utilisaient pas la voie de l’air pour autre chose que les avions. Néanmoins il prit son mal en patience, après tout il était largement en avance. En temps normal, il préférait utiliser sa moto mais n’ayant pas pris la peine de se changer une fois repassé chez lui, il devait affronter les embouteillages de San Antonio qui en rendaient plus d’un hystériques. Lorsqu’il franchit les portes grinçantes du Tea Shop après avoir abandonné sa voiture sur un parking public, il fut accueilli par un serveur qui lui attribua une table de deux dans un coin isolé de la boutique, près de l’imposante baie vitrée donnant sur l’extérieur. Il manqua l’entrée d’Andy dans le café, bien trop occupé à analyser du regard les nombreux civils qui effectuaient d’incessants allers-retours sous son nez. Son visage se releva vers elle dans un geste extrêmement lent lorsqu’elle déposa sa tasse sur la table. Plusieurs secondes s’écoulèrent avant que la jeune femme ne daigna ouvrir la bouche. Si les traits de Lorcan étaient toujours tirés en une expression stricte qui lui donnait des airs très sévères la plupart du temps, cela ne voulait en rien dire qu’il ne partageait pas son plaisir de la retrouver. Instinctivement, il se redressa de manière à se tenir bien droit sur ce fauteuil confortable dans lequel il avait pris ses aises depuis vingt bonnes minutes.
« Je suis navré que tu ais du assister à ça, » Dit-il d’une voix grave alors qu’il époussetait son gilet cintré sur lequel étaient venus s’installer des miettes de l’excellent pain au chocolat français qu’il avait englouti dès son arrivée. « Je voulais… » Commença-t-il alors que son téléphone se mettait à vibrer bruyamment sur le coin de la table. « Excuse-moi, » s’interrompit-il ensuite pour rejeter aussitôt l’appel de Georgia d’un mouvement rapide du doigt. « Je ne pensais pas que tu répondrais à mon message, » conclut-il finalement. Il posa la paume de sa main à plat au centre de la table tout en détaillant avec insistance la jolie brunette de ses yeux d’un bleu clair fascinant.

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MessageSujet: Re: A red petal fallen onto a concrete mass [R.]   Mer 2 Mai - 3:20

Won't you please come talk to me?
Just like it used to be
Come on, come talk to me
I did not come to steal
This all is so unreal

Andromache Baxter possédait un grand nombre de compétences, de points forts et de qualités. Parler à la gent masculine n’en faisait pas partie. Elle était de ces jeunes femmes bloquées au stade de l’adolescence et qui soit se montraient désagréable avec ceux qu’elles aimaient bien ou qui, au contraire, n’arrivaient pas à articuler un mot, se contentant de pouffer comme des idiotes en présence de leur béguin. Andy appartenait aux deux écoles ; ce qui, en résumé, faisait d’elle la reine des remarques déplacées ou ridicules. Il n’était pas nécessaire qu’elle soit attirée par la personne qui se trouvait en face d’elle pour ce faire, il suffisait simplement qu’il appartienne au sexe fort et elle replongeait une décennie en arrière. Fort heureusement pour elle, cette particularité s’effaçait de manière considérable dès l’instant où elle entrait dans un contexte de travail, son côté professionnel balayait tout le reste. Sa vie privée demeurait le plus gros piège et ce depuis des années. Elle se dissimulait derrière son embarras, elle s’en servait pour justifier son éternel célibat – allant parfois jusqu’à dire que c’était par choix – mais au fond, elle aurait donné n’importe quoi pour ne plus avoir à subir ce manque de conversation qui la frappait. Elle était une jeune femme intelligente, cela était dégradant de tomber aussi bas face à un individu de sexe masculin. Bien entendu, avec le temps et au fil des conversations, cette gêne tendait à s’estomper à mesure qu’elle développait un semblant d’amitié, comme cela avait été le cas avec Graham et comme cela se faisait actuellement avec Lorcan. Elle se sentait plus confortable, plus à l’aise. Plus elle-même. Néanmoins, les progrès effectués au cours de ces derniers mois semblaient avoir été balayés par le séjour à l’hôpital de Blumenfeld. De nature inquiète, elle avait cru ne pas s’en remettre de ne pas le voir aller mieux, elle s’était trouvée à pleurer un homme qu’elle ne connaissait quasiment pas et cela lui avait intimé l’importance qu’elle lui accordait. Quelle n’avait pas été sa déception de constater que la réciproque n’existait pas. A son réveil, Lorcan avait pris la poudre d’escampette à une vitesse impressionnante – quinze minutes à peine pour se préparer, signer les papiers de sortie et disparaître de la circulation, c’était un record ! – et l’avait laissée des jours durant sans la moindre nouvelle. La conclusion avait été simple : elle lui était moins précieuse que ce qu’elle s’était imaginé. Cela était normal. Ils ne provenaient vraisemblablement pas du même moule et ne partageaient pas les mêmes idéaux en matière de relations amicales.

Elle fronça le nez au souvenir des – trop – longues heures passées à son chevet. Elle se rendait maintenant compte que ça n’avait jamais été sa place.
« Il n’y a pas de quoi l’être. » Il était le plus à plaindre, il était celui qui avait passé une semaine dans un état végétatif. Elle scruta son visage au moment où son téléphone sonnait, il était soucieux, c’était flagrant. Etait-ce en rapport avec son « accident » ? Ou bien y avait-t-il des nuages au-dessus du Paradis de Georgia ? Elle avait tant d’interrogations mais si peu de champ libre pour les énoncer à voix haute. Elle ne pouvait se permettre de jouer la carte de la Grande Inquisition. Elle en savait suffisamment à son sujet pour réaliser que cela ne ferait que le braquer. « Pourquoi ne l’aurais-je pas fait ? » Elle soutint son regard pendant plusieurs secondes avant de ne plus y tenir et de baisser les yeux sur ses mains. Ses yeux bleus la transperçaient plus efficacement que l’aurait fait la plus affûtée des flèches, c’en devenait souvent insoutenable. « J’étais inquiète, » commença-t-elle en rapprochant sa tasse du bord de la table, ses doigts jouant sur l’anse non sans une certaine nervosité. « Je savais que tu allais bien, mais ça a été un soulagement d’entendre ta voix. » Elle se racla la gorge. Sa franchise commençait à devenir embarrassante. « C’est encore plus agréable de constater de mes propres yeux que tu es rétabli. » Pour la première fois depuis qu’elle avait posé ses fesses sur ce siège, elle esquissa un sourire, timide, naïf, mais rempli d’honnêteté.

Elle porta la tasse à ses lèvres et avala une longue gorgée de son capuccino au caramel. Elle laissa son regard traîner sur la surface écumante du breuvage avant de redresser la tête en direction de son interlocuteur.
« Qu’est-ce qui s’est passé ? » Une question bien large pour une demande d’informations précises : elle souhaitait connaître la raison de son coma, quel malheur lui était tombé dessus. Mais elle cherchait également par là des éclaircissements sur ce qui était arrivé par la suite, s’il était au courant de sa non-existence dans les registres de l’hôpital et s’il avait une explication rationnelle quant au mystère de la chambre 302. Elle fréquentait beaucoup trop de journalistes, leur travail d’investigation commençait à se transférer sur son comportement. Elle se trouvait au beau milieu d’un rendez-vous entre amis, non en plein interview d’un criminel en fuite.

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MessageSujet: Re: A red petal fallen onto a concrete mass [R.]   Mar 8 Mai - 23:35

If I could just be anywhere else, you know
I would be anywhere else than here
If I could just be anyone else right now
I would be anyone else but me


Mentir était devenu comme un état d’esprit pour cet être à l’apparence humaine. De longues années l’éloignaient de sa première venue sur Terre et pourtant les souvenirs qu’il en gardait étaient encore intacts, soigneusement rangés dans un petit coin de sa tête. Lui qui s’était lancé à corps perdu dans cette mission, impétueusement, il ne comprenait plus vraiment aujourd’hui ce qui jadis avait pu tant l’effrayer. On décrivait les hommes comme des spécimens égoïstes, peu vaillants et aux capacités sous-développées, mais Lorcan avait toujours éprouvé cette légère appréhension à l’idée de les côtoyer de très près. Même si tout danger semblait avoir été écarté, il ignorait alors quelles seraient les répercussions directes sur sa propre personne – aussi bien sur le plan physique que mental – et s’il reverrait un jour la planète qui l’avait vu naître. Ses craintes s’étaient avérées infondées, fort heureusement pour lui, se fondre dans la masse ne lui demanda donc pas d’efforts incommensurables. Il ne fut victime d’aucun soupçon pour la simple et bonne raison que la race humaine n’était pas d’une nature suspicieuse, du moins pas lorsque l’on sortait des sentiers de leur propre espèce. Lorcan s’en étonna d’ailleurs grandement. Comment un monde aussi vaste que le leur pouvait-il vivre dans l’ignorance la plus totale alors qu’un univers entier se mouvait et vivait tout autour, loin, très loin d’ici ? L’être humain n’avait d’yeux que pour lui-même, ce fut ce même désintérêt pour les autres qui lui permet de s’acclimater très facilement et rapidement à ce nouvel environnement. Bien entendu, il fut dans un premier temps placé dans la catégorie des gens un peu louches mais son cas n’était pas à prendre au sérieux. Apparemment, la planète Terre était constituée d’une quantité impressionnante de fous à lier ; ce genre – plus que banal – possédait même plusieurs groupes à lui tout seul. Du temps s’était écoulé depuis, on l’avait rappelé chez lui, ses rapports ainsi que ceux de ses semblables avaient été épluchés avec minutie avant d’être mis de côté durant un temps certain. Son retour sur la Terre remontait maintenant à un an, ses angoisses précédentes avaient disparu pour laisser place à de nouvelles, d’un genre particulier. Il n’avait plus peur de se mélanger à ce peuple primitif mais craignait secrètement de les affectionner, à sa manière et dans les limites du possible. Prétendre être quelqu’un d’autre pendant autant de temps vous change radicalement. Et même si les différences entre leurs deux populations étaient encore beaucoup trop nombreuses pour être énumérées une à une, Lorcan se sentait fléchir peu à peu. Il n’était pas comme eux, certes, mais il tanguait dangereusement, si bien qu’il leur ressemblait de plus en plus. Alors il mentait sur la raison la plus fondamentale de sa présence ici mais tout le reste semblait extrêmement réel, du moins à ses yeux. Peut-être n’était-il pas issu du même milieu, peut-être n’était-il pas en mesure de les comprendre à la perfection, peut-être n’était-il pas apte à les imiter correctement mais il essayait, du mieux qu’il le pouvait. Dans une démarche entièrement pacifique, il vivait à leur image et s’accommodait des quelques points négatifs possibles à mener une telle existence, pour un individu tel que lui. C’est entre autres pour toutes ces raisons que Lorcan avait tant souhaité revoir Andy pour s’expliquer avec elle, ou l’empêcher de se poser trop de questions inutiles. Dans tous les cas, son comportement humain était le seul responsable de la situation, il s’était tellement efforcé à penser comme eux que cela se faisait désormais seul, tel un automatisme. Que pouvait-il faire de plus ? Après tout, il n’était ni plus ni moins qu’un laissé-pour-compte loin de son habitat naturel. Si les siens ne pensaient plus à lui durant le laps de temps étrangement long que prenait une mission comme celle-ci, qui pourrait prétendre prêter un tant soi peu attention à lui ? Personne.

Enfin, Andromache pourrait être cette personne bienveillante qui sortirait du lot, il en avait le sentiment. Cela expliquait donc leur présence à tous les deux dans ce café, il se souciait d’elle comme elle semblait lui accordait de l’importance. C’était réciproque.
« Tu aurais pu ne pas répondre favorablement, » expliqua-t-il calmement alors qu’il se saisissait lui aussi de sa tasse. « Tu avais toutes les raisons du monde de m’en vouloir. Mon silence n’était pas très respectueux, je le concède. » Ses lèvres s’étirèrent légèrement en ce qui semblait être un sourire, en réponse à celui qu’elle venait d’esquisser. « Je ne sais pas ce qui s’est passé… » débuta-t-il en tournant soudainement le visage vers la baie vitrée sur sa droite qui donnait sur la rue. « Il y avait ce groupe de jeunes mutants en face de moi puis plus rien. » Lentement, il se mit de nouveau à la regarder. « Je me suis réveillé plusieurs jours plus tard à l’hôpital, comme tu le sais déjà. » Les grandes lignes étaient exposées ici et ce qui devait être un mensonge n’en était plus vraiment un au final. Il omettait volontairement certains détails mais cela ne déformait en rien la réalité. Des mutants s’en étaient physiquement pris à lui, nul besoin de s’attarder sur les raisons et la mise en scène, elle était suffisamment intelligente pour comprendre d’elle-même. « Je n’aime pas les hôpitaux, » conclut-il alors d’une voix vide d’émotion après avoir croisé le regard lourd de sens de la jeune femme.

Il but une longue gorgée du breuvage foncé encore chaud avant de reposer la tasse blanche sur la table. Se mordillant la lèvre inférieure, il détourna une nouvelle fois le regard vers l’extérieur tandis que ses doigts pianotaient nerveusement sur la surface lisse du meuble les séparant.
« Georgia… » murmura-t-il dans sa barbe alors que l’intéressée venait de traverser le passage piétons conduisant au trottoir sur lequel se tenait l’établissement. Ecarquillant de grands yeux ébahis, il se pencha doucement vers la vitre pour suivre des yeux la petite brunette qui s’empressa de pénétrer dans le café, en partie rempli, faisant retentir désagréablement la clochette au-dessus de la porte. « C’est donc avec elle que tu avais rendez-vous ! » S’égosilla Georgia, bousculant un adolescent sur son passage pour rejoindre leur table au fond de la boutique. « Espèce de traînée ! » Elle se tourna vers Andy en même temps qu’elle formulait son insulte tout sauf flatteuse. « Tu savais très bien qu’il était pris, mais ça ne t’a pas empêché de faire ton petit numéro de charme à ce que je vois. » Elle n’était guère bien haute, bien que perchée sur ses talons de 13 centimètres. « Dès l’instant où je t’ai vu à cette soirée, j’ai tout de suite su que je devais me méfier de toi. » Lorcan, les yeux plissés, affichait une expression qui prouvait son incompréhension. « Tu m’as suivi jusqu’ici ? » A ces mots, Georgia s’approcha de lui. « C’est tout ce que tu trouves à dire ? » Meugla-t-elle avant de lever la main vers son visage mais son mouvement fut aussitôt interrompu et sa tentative vaine, car l’imposante main de Lorcan était venue emprisonner son poignet avec fermeté. « Excuse-toi, » ordonna-t-il d’une voix sèche en l’obligeant à se tourner vers sa voisine de table. Un ton tranchant qu’il n’avait pas pour habitude d’utiliser au quotidien.

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MessageSujet: Re: A red petal fallen onto a concrete mass [R.]   Sam 12 Mai - 1:48

See I never meant for you to have to crawl
No I never meant to let you go at all
See my head aches from all this thinkin'
Feels like a ship, God knows I'm sinkin'

Andromache scruta longuement, et sans la moindre gêne, le visage de Lorcan alors qu'il lui exposait toutes les raisons pour lesquelles elle aurait pu hésiter avant de le retrouver dans ce café. Elle-même avait tourné et retourné dans sa tête les mille et une interrogations que sa disparition soudaine - et mystérieuse - de l'hôpital lui avaient suscitées. Cet épisode avait créé une certaine distance entre eux, que son silence volontaire ne fit qu'allonger ; l'espace d'une journée, elle se persuada même qu'ils n'étaient pas faits pour être de si bons amis, qu'elle s'était bercée d'illusions trop rapidement à son égard. Comme à chaque fois qu’elle autorisait quelqu’un dans sa vie et qu’il finissait par la décevoir. Toutefois, leur présent tête-à-tête remettait les choses en perspective : il n’était pas n’importe qui et il ne pensait pas n’importe quoi d’elle. Car si véritablement il n’avait cure de ce qu’elle devenait, jamais il n’aurait partagé ainsi le maigre mais honnête récit de ses mésaventures. Elle lui fut reconnaissante de ne pas entrer dans les détails, de ne lui exposer que ce qu’il souhaitait même si elle se doutait bien qu’il avait des souvenirs plus précis que cela – elle pouvait le lire dans la position de ses doigts sur sa tasse et dans la manière dont ses yeux se mouvaient. Il choisissait ses propos avec soin afin de ne pas avoir à lui mentir ni à divulguer un secret qu’elle estimait très grand. L’idée selon laquelle il faisait, lui aussi, partie de la caste des mutants ne fit que se développer davantage dans l’esprit d’Andy. Cela expliquait l’aura de mystère qui l’entourait, ses mots qu’il égrainait avec parcimonie et intense réflexion, sa façon d’observer les autres comme s’ils étaient des menaces ou des alliés potentiels. Peu de doutes étaient permis quant à sa nature profonde. Elle-même agissait de la sorte – la partie « peu bavarde » en moins, elle avait hérité de deux ou trois traits de caractère de son père – parce qu’elle ne souhaitait pas que quiconque apprenne que sa carapace d’humaine lambda était une contrefaçon. « Une attaque gratuite ? Mais c’est horrible ! » Elle étira son bras droit pour attraper la main de Lorcan et la serrait brièvement dans la sienne, en signe de soutien et de compassion. Elle ne prit pas la peine de rebondir sur l’emploi du terme « mutants » qui la débectait presque autant que l’ancienne dénomination faisant d’eux des héros. « Tout va bien, maintenant. Plus d’hôpital, » reprit-elle en mettant fin au contact entre leurs deux mains. Elle esquissa un nouveau sourire, qui signifiait son ravissement à l’idée d’avoir renoué un lien comme avant avec lui. Elle venait de décider que cela était largement suffisant, que leur rendez-vous était rentabilisé, qu’elle ne demanderait aucun autre éclaircissement. Elle se moquait bien de la façon dont il s’était échappé de ce lieu qu’il disait détester dès lors qu’il en était sorti vivant. La vérité sortirait tôt ou tard s’il décidait un jour de jouer franc-jeu avec elle. En attendant, elle continuerait d’apprécier sa compagnie et son amitié. Et la beauté de son visage.

Le sujet épineux auquel ils s’étaient chacun préparé se trouvant désormais derrière eux, un silence léger s’installa à leur table. Andy profita de ce moment de répit pour apprécier l’apaisement retrouvé ainsi que terminer sa tasse en l’espace de quelques gorgées. Ce fut là une initiative brillante que de le finir si rapidement puisqu’elle l’aurait abandonné à moitié vide deux minutes plus tard.
« Pardon ? » demanda-t-elle curieusement. Elle avait vu ses lèvres bouger mais rien entendu. Elle se retourna pour suivre la direction de son regard sans voir la chose ou personne qui l’avait tant perturbé. « Lorcan ? » Elle haussa le ton dans le but vain de récupérer son attention. Ce fut dans un sursaut qu’elle comprit. Et, pour être honnête, elle aurait préféré vivre dans le déni pour le restant de la journée. L’assimilation des faits fut pénible, douloureuse, à la limite du soutenable. C’était la première fois, en vingt-sept ans d’existence, qu’elle se faisait insulter de la sorte ; si elle avait été en mesure de réfléchir correctement, elle aurait par ailleurs réalisé que jamais au grand jamais elle n’avait été traitée en des termes aussi peu élogieux. Ni par un homme, ni par une femme. Son visage se décomposa et prit une teinte rougeâtre tout sauf habituelle tandis que l’intérieur de sa boîte crânienne entrait elle aussi en ébullition. Elle ne réfléchissait pas à une remarque cinglante à lui balancer en retour, non, elle se concentrait très, très fort pour ne pas l’envoyer valser dans le mur d’en face. La jeune Baxter se leva d’un bond et toisa de toute sa hauteur celle qui ne devait la sienne qu’à des artifices. « C’est bon, » articula-t-elle à l’attention de Lorcan avec un mouvement de main. « Je n’ai pas besoin d’excuses de la part d’une gamine au complexe d’infériorité si prononcé qu’elle est obligée de se montrer en spectacle dans un lieu public pour exister. » Une expression neutre sur le visage, elle attrapa son sac et quitta l’établissement sous les regards étonnés de l’assistance.

Elle garda la face suffisamment longtemps pour ne pas craquer devant les témoins de la scène. Ce ne fut qu’une fois à l’air libre qu’elle offrit à ses larmes de frustration le droit de couler. Elle pouvait entendre de nouveaux éclats de voix en provenance du café même si elle se tenait désormais sur le trottoir d’en face. Elle n’osa pas un coup d’œil et n’en eut pas besoin pour savoir, moins de deux minutes plus tard, que Lorcan avait abandonné sa petite amie hystérique pour la rejoindre.
« Non, » fit-elle en levant une main en barrage et en reprenant sa marche. « Je t’en supplie, ne t’excuse pas en son nom. Je n’ai réellement rien à foutre de ce qu’elle peut bien penser de moi, elle ne me connaît pas et sa parole n’a aucune valeur à mes yeux. » Elle essuya d’un revers de main l’humidité accumulée sous ses paupières et expira bruyamment. « Elle me fait de la peine. Être rendue aveugle par une jalousie maladive, c’est d’un pathétique. » Lorcan devait être un piètre compagnon si ses rendez-vous galants ressemblaient, de près ou de loin, à ce que Georgia venait de surprendre à l’intérieur de ce café. Elle ralentit finalement son allure, se passant une main dans les cheveux pour s’aider à retrouver un semblant de calme et de sérénité interne. Il ne lui restait plus qu’à croire en ce qu’elle venait d’énoncer et ne pas prendre au sérieux les élucubrations d’une jeune fille aux insécurités au moins aussi nombreuses que les siennes. Toutes deux n’étaient pas si différentes ; et si les rôles avaient été inversés, Andy n’aurait-elle pas réagi de la même façon ? Non, impossible, elle ne se serait jamais permis de lyncher publiquement même le premier de ses ennemis. Elle.

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Dernière édition par Andromache Baxter le Jeu 17 Mai - 19:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A red petal fallen onto a concrete mass [R.]   Jeu 17 Mai - 19:26

Some may call it a curse, a life like mine.
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It’s my cross to bear and I'll bear it gladly.

Alors que leur relation prenait tout juste son envol, cette dernière connaissait actuellement de bien tristes hauts et bas. A dire vrai, les choses n’avaient pas véritablement bien commencé entre eux. C’est à peine si Lorcan avait remarqué sa présence lors de cette soirée à laquelle il s’était gracieusement invité lui-même afin de percer le mystère d’un dénommé Mike qui s’était avéré être parfaitement normal, bien loin de la catégorie des mutants. Cette soirée fut une véritable perte de temps, il le reconnaissait encore aujourd’hui. A la fois concentré sur sa mission et perturbé par les innombrables remarques futiles de Georgia, il ne saurait à ce jour déterminer qui accompagnait la belle brune ce soir là. Seul le souvenir de bras – beaucoup trop larges pour le commun des mortels – aux veines proéminentes occupaient une partie de sa mémoire ; pour la simple et bonne raison que cette fameuse compagnie masculine avait réduit l’étendue de sa visibilité à cause de l’envergure exagérément démesurée de sa silhouette. Par conséquent, il n’avait eu d’autre choix que de passer à côté de la beauté déconcertante d’Andy. D’autant plus que son « ami » s’était lancé dans un flirt superflu avec sa copine, sous ses yeux, sauf qu’il n’en avait eu cure comme à son habitude. Sans doute auraient-ils dû en rester là. Cela leur aurait évité de forcer le destin à leur jouer à tous les deux de mauvais tours, comme présentement. Lorcan n’éprouvait plus aucune gêne à mener une vie simple comme le faisaient la plupart des humains, mais cette fois-ci c’en était trop. Il se savait un minimum conciliant, seulement Georgia outrepassait grossièrement les limites de sa patience qu’il ne pensait cependant pas franchissables. Avait-elle seulement conscience de ce qu’elle venait d’enclencher ?

« Nan mais tu te fiches de moi ?! »
« Calme-toi, s’il te plaît. »
« Tu vas la laisser me parler sur ce ton ? »
« C’est toi qui as ouvert les hostilités, Georgia. »

Lorcan s’énervait que très rarement, pour ne pas dire jamais. Il n’était pas dans sa nature de perdre le contrôle et encore moins pour des broutilles humaines aussi superficielles et insignifiantes que celles-ci. Georgia était d’un ridicule incommensurable mais le pire dans cette histoire, c’était qu’elle ne s’en rendait même pas compte. Etait-elle influencée par une tierce personne ? Supportait-elle mal le taux élevé de radioactivité dans le coin ? Ou bien, était-elle juste un peu névrosée sur les bords ? Une chose était certaine, il éprouvait un réel attachement pour cette petite humaine pas plus haute que trois pommes. Du moins, le temps avait fini par jouer en sa faveur, le train-train quotidien aidant aussi fortement. Néanmoins, il ne pouvait lui mentir plus longtemps sur la nature de ses rapports avec Andy. Même si leur relation était purement amicale, une véritable connexion existait entre eux, il ne pouvait le nier. Peut-être que la folie passagère de Georgia n’en était pas vraiment une ? Peut-être était-elle simplement une jeune femme extralucide ? Jusqu’à présent, elle n’avait cessé de voir clair dans son petit jeu. Ses origines mises de côté, elle était toujours parvenue à lire en lui comme dans un livre ouvert et ce détail demeurait encore à ce jour un mystère pour lui. Il n’était pas du genre loquace et démontrait nettement son désintérêt pour énormément de choses. Malgré cela, la petite brunette semblait l’avoir longuement examiné au peigne fin durant l’année qui venait de s’écouler. Il était presque dérangé à l’idée de se séparer d’elle. Presque.

Lorsqu’il lança le coup de grâce en lui soumettant son besoin de prendre ses distances avec elle, le visage de la pauvre enfant sembla se décomposer en un portrait figé et pour le moins anéanti. C’est découragée et assiégée par ses propres larmes qu’elle quitta l’établissement d’un pas rapide, sans personne pour la rattraper. Nullement troublé par les nombreux regards braqués dans sa direction, Lorcan sortit à son tour du café et s’empressa de traverser de l’autre côté de la route où se tenait fébrilement Andy. Une fois arrivé à sa hauteur, elle ne lui laissa ni le temps ni la chance de s’exprimer. Silencieux, il lui emboîta le pas, peiné de la voir dans cet état. Il venait d’abandonner une jeune femme en pleurs et en découvrait désormais une autre qui tentait habilement de dissimuler ses émotions. Etait-il un monstre pour le genre humain ? Il n’était pas certain d’en avoir l’étoffe pourtant. Pour une personne qui prétendait ne prêtait aucune espèce d’importance aux paroles acerbes qui venaient d’être prononcées, elle semblait incroyablement triste. Le faire remarquer ne serait pas intelligent de sa part.
« Je te demande pardon, » dit-il faiblement dans un soupir alors qu’elle lui avait formellement interdit de s’excuser pour Georgia. « Pour toute la peine inutile que j’ai pu te causer ces derniers temps. » Il vint se placer devant elle afin de lui barrer la route et la faire cesser d’avancer. « Elle ne mérite pas ces larmes, » expliqua-t-il tout en passant son pouce sous son œil encore humide. « Cette attaque était injuste et purement gratuite. Elle n’aurait pas dû s’en prendre à toi comme ça. » Il glissa sa main sous son menton et lui releva doucement la tête pour qu’elle le regarde dans les yeux. « Je suis le seul fautif, d’accord ? » Fautif de tenir à une humaine qu’il ne connaissait pas vraiment. « Si tu dois en vouloir à quelqu’un, c’est bien à moi. Je t’ai mise dans cette situation. » Il tenta un sourire mal assuré. « Je t’autorise à rajouter cette histoire sur la liste des choses à me reprocher. » Lentement, il retira ses doigts et laissa sa main retomber mollement le long de son corps. Sans l’once d’un doute, il plaidait coupable. Etait-ce seulement condamnable ? Il reconnaissait ses torts et le fait qu’il appréciait un peu trop sa compagnie pour rester neutre dans cette situation. Il ne pouvait être impartial. Méritait-il pour autant la guillotine ? Se sentir inexorablement attiré par ces yeux chocolatés ne représentait en rien un crime. Dernièrement, sa seule faute était sans doute de se comporter dangereusement en humain.

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MessageSujet: Re: A red petal fallen onto a concrete mass [R.]   Dim 20 Mai - 1:48

But I won't follow you into the rabbit hole
I said I would
But then I saw the ship of woes they didn't want me to

Les attaques verbales n’étaient pas dans les habitudes de la jeune Baxter ; elle n’en avait jamais fait usage et il s’agissait de la première fois où elle en était la victime. Certes, comme tout le monde, elle avait déjà pensé du mal de quelqu’un et, toujours comme tout le monde, il lui était arrivé de casser du sucre sur le dos d’un individu mal apprécié en présence d’autres personnes. Elle avait également reçu des remarques désobligeantes de tiers qui ne lui avaient guère plu. Néanmoins, rien de ce qu’elle avait vécu jusqu’ici ne l’avait préparée à un tel déversement de haine mal placée. Sans jouer la carte de la fausse modestie, Andy ne se considérait pas comme une mauvaise personne, bien au contraire. Elle était sociable, généreuse à bien des égards et d’une loyauté sans borne, le tout en faisant preuve de suffisamment d’insécurité pour ne pas être une menace. Du plus loin que remontaient ses souvenirs, elle ne s’était jamais posée en tant que concurrence, en tant que rivale dans la course pour le cœur d’un homme. Et pour cause, elle n’avait pas une seule fois voulu du cœur d’un homme, parce qu’elle ne recherchait pas le grand amour, parce qu’elle ne s’autorisait pas de tomber amoureuse. Alors, évidemment, à ses yeux, la réaction de Georgia était à la fois stupide, illogique et disproportionnée. Toutefois, elle possédait des circonstances atténuantes. La jeune femme devait brûler d’un amour véritable pour Lorcan et le fait que ce dernier lui ait menti quant à la nature de son rendez-vous avait de quoi attiser la suspicion. A sa place, Andy y aurait elle aussi regardé à deux fois. Il fallait bien admettre que le monde était rempli de prédatrices qui n’auraient pas hésité une seule seconde pour mettre le grappin sur un homme aussi éduqué et séduisant que Lorcan. Les probabilités ne jouaient pas en la faveur d’Andy, elle n’était qu’une femme sur des dizaines – voire des centaines – à ne rechercher qu’une amitié platonique. Ou l’était-elle réellement ? A cent pourcents ? Rien n’était plus sûr désormais. La seule chose dont elle était certaine était que ce bien-être temporaire éprouvé à son contact venait de s’évaporer comme neige au soleil. Dieu que leur relation était d’un compliqué alors qu’elle n’aspirait à rien d’autre qu’une existence calme et paisible, entouré d’amis aussi intéressants que diversifiés.

Elle se mordilla l’intérieur de la joue tandis que les paroles du jeune homme résonnaient à ses oreilles comme une douce mélodie. C’était désagréable, il fallait qu’il arrête. Elle l’avait sommé de ne pas demander pardon et c’était précisément ce qu’il faisait, se donnant par la même occasion le mauvais rôle alors qu’il était autant à blâmer qu’elle dans toute cette histoire. Elle pencha légèrement la tête du côté où sa main était posée et le fixa pendant qu’il effaçait les dernières traces laissées par ses larmes de frustration. Pourquoi faisait-il tout ça ? Avait-il seulement conscience de ses choix ou n’en avait-il tout simplement rien à faire ? Se rendait-il compte de la place délicate dans laquelle il l’enfermait presque contre son gré ? Elle n’était qu’une amie, une nouvelle connaissance qu’il avait laissé sans nouvelles durant des semaines, et pourtant il venait de décider qu’elle était, à cette seconde précise, plus importante que celle qui partageait sa vie depuis plus d’un an – à ce qu’elle avait cru comprendre.
« Je ne te reproche rien, » souffla-t-elle en plissant les lèvres, sans se défaire de son regard. Et c’était vrai, quand bien même son choix avait été le mauvais, la plus grande partie d’elle était heureuse qu’il l’ait fait. Qu’il ait préféré la rattraper pour lui parler au lieu de la laisser ressasser cet échange pour les semaines à venir. « Tu es un type génial, Lorcan, et je peux comprendre qu’elle soit protectrice à ton égard. » Elle avala bruyamment sa salive. Voilà qu’elle se mettait à prendre la défense de celle qui l’avait insultée sans vergogne. En réalité, elle compatissait au malheur de Georgia. Car elle savait que le beau brun s’éloignait d’elle ; Andy avait été aux premières loges de cette distance qu’il instaurait d’avec sa petite amie, elle l’avait hébergé une nuit entière parce qu’il lui avait demandé, parce qu’il ne supportait plus l’idée de rentrer chez eux. Il n’avait pas fallu à la jeune Baxter de grandes capacités émotionnelles pour réaliser qu’il n’était plus heureux en sa compagnie, mais elle n’avait rien dit. Au contraire, elle avait été la première à lui conseiller de rentrer et d’en parler avec elle, parce qu’elle savait mieux que quiconque l’importance du dialogue au sein d’un couple. Si la petite brunette avait su ça, peut-être serait-elle revenue sur ses mots prononcés sous le coup de la colère. Alors Andy aurait balayé ses excuses d’un revers de la main et elles auraient même pu devenir amies. Cela n’arriverait jamais.

Elle jeta un regard par-dessus son épaule afin de s’assurer que les témoins du spectacle ayant eu lieu quelques minutes plus tôt ne continuaient pas de s’intéresser à la suite des événements puis reporta son attention sur son interlocuteur.
« Nous nous sommes dit tout ce que nous avions à nous dire, je crois. Je vais rentrer, maintenant. » Ses lèvres s’entrouvrirent dans un sourire dénué de la moindre émotion. Dans un élan venu du plus profond de son subconscient, elle fit un pas en avant et vint se blottir, l’espace d’un instant, contre Lorcan. « Tu mérites mieux qu’une scène dans un café, » murmura-t-elle sans la moindre arrière-pensée tandis qu’elle se reculait à nouveau de quelques pas. Elle le regarda pendant plusieurs secondes, ses yeux accrochés à son visage comme si c’était la dernière fois qu’il leur était donné de le voir. Elle croyait vraiment à ce qu’elle avait dit plus tôt et à ce qu’elle venait tout juste d’énoncer : Georgia avait effectivement de bonnes raisons d’être inquiète, mais pas à cause d’Andy, non, plutôt parce que Lorcan était trop bien pour elle. Cette pensée, affreuse pour quelqu’un qui se targuait d’être une personne considérée, l’accompagna sur tout le chemin du retour. Elle ne s’effaça qu’une fois la porte de son appartement franchie, rapidement remplacée par la conviction que cela ne changerait rien à la donne. Lorcan et Georgia étaient faits pour durer. Et tant que cela serait le cas, Andy perdrait le droit d’être son amie. En fin de compte, il s’était peut-être agi de leur ultime rencontre. Une petite voix à l’intérieur de son crâne lui intima que cela valait pour le mieux. Et elle la crut.

[topic terminé]

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